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Sommet mondial Destination pour Tous : les grandes leçons

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Le voyage fait partie intégrante de la vie de millions de gens à travers le monde et est de plus en plus considéré comme un besoin plutôt qu’un luxe. Pourtant, pour 15% de la population mondiale vivant avec un handicap[1], le tourisme rime bien souvent avec casse-tête. Faute d’informations, d’équipements et d’infrastructures adaptées, il est bien souvent difficile pour cette clientèle de découvrir les endroits qu’elle souhaite visiter. Avec le vieillissement de la population, de plus en plus de gens seront confrontés à ces enjeux dans le futur. Alors quoi faire pour favoriser l’accessibilité du tourisme à tous? C’est de ce sujet dont il a été question au premier sommet mondial Destination pour tous, organisé par Kéroul du 19 au 22 octobre dernier. L’objectif de la rencontre était de favoriser les échanges entre les acteurs internationaux afin de favoriser le développement d’un tourisme accessible à tous. Voici donc quelques-unes des grandes leçons à retenir de ce sommet afin d’adapter nos destinations et nos entreprises.


1- INCLURE PLUTÔT QU'ISOLER

Dans certaines destinations on retrouve des circuits et activités pour handicapés qui contribuent à isoler ces individus des grands circuits traditionnels. Pourquoi ne pas plutôt essayer d’adapter ces grands circuits, événements et activités populaires aux besoins des personnes handicapées? L’idée d’avoir un tourisme accessible n’est pas de mettre ces gens dans une classe à part mais plutôt de les inclure aux activités de tous afin qu’elles puissent vivre une expérience tout aussi enrichissante.


2-L'INFORMATION DOIT ÊTRE DISPONIBLE ET FACILE D'ACCÈS

Au Québec, nous disposons de beaucoup d’informations sur l’accessibilité des sites grâce à Kéroul et sa route accessible. Cependant, dans bien des régions, planifier un voyage et se déplacer vers des attraits une fois sur place peut être assez pénible. Doit-on dicter aux personnes handicapées les endroits qu’elles peuvent fréquenter en leur disant que c’est accessible ou pas? Devrions-nous plutôt leur donner assez de détails pour qu'elles se fassent elles-mêmes une idée de l’environnement qu’elles s’apprêtent à visiter afin de prendre la décision en fonction de leur contexte personnel. L’initiative belge Access-i est d’ailleurs un bel exemple de site internet offrant un éventail d’information large et adapté à 7 types d’handicaps.


3- UN MARKETING INCLUSIF

En plus d’offrir des informations sur l’accessibilité des lieux, les destinations auraient tout avantage à faire un marketing plus inclusif. Si les lieux sont accessibles et que l’on souhaite accueillir les personnes handicapées, pourquoi ne pas le montrer dans l’image de la destination? On peut choisir des images inclusives pour le site internet et la promotion, et mentionner qu’on est prêt et intéressé à recevoir toutes les clientèles. Pour cela, le site internet des Hotels Scandic représente un bon exemple. C’est un concept qui est très invitant pour tous et pour reprendre l’idée de Magnus Berglund, ambassadeur de l’accessibilité chez Scandic, même si ce n’était que 1% de la clientèle qui devait recourir aux installations adaptées, alors ce serait 100% de ce 1% qui serait entièrement satisfait et qui serait enclin à revenir.


4- BEAUCOUP D'HANDICAPS NE SONT PAS VISIBLES

Quand on pense handicap, on pense souvent au fauteuil roulant, mais il ne faut pas oublier que pour plusieurs, le handicap n’est pas apparent mais demande tout de même que l’on en tienne compte dans l’aménagement de nos destinations. Pensons entres autres aux personnes aveugles, sourdes, malvoyantes, malentendantes, aux personnes marchant difficilement ou ayant des difficultés de compréhension.


5- ACCESSIBILITÉ... MAIS À QUEL PRIX?

On entend souvent dire qu’adapter un bâtiment est coûteux. Bien sûr, cela implique des sommes d’argent importantes mais si on construisait avec l’idée d’offrir des bâtiments accessibles dès le départ, on pourrait alors sauver d’éventuelles dépenses pour des améliorations à apporter. Construire des cadres de porte plus larges ou des comptoirs plus bas par exemple, ne coûte rien de plus que des éléments de grandeur standard, il s’agit simplement d’avoir en tête que des gens avec différents besoins pourront fréquenter le bâtiment.


MOT DE LA FIN

Il est important de garder en tête que la clientèle handicapée ne représente pas un segment de marché, c’est une clientèle qui a des besoins particuliers mais qui devrait avoir accès à la même expérience touristique que tout le monde. C’est donc aux gestionnaires de destination et d’entreprises que revient le défi d’inclure tous les éléments nécessaires pour offrir un tourisme plus accessible et inclusif.En terminant je vous laisse sur cet élément de réflexion : n’oubliez pas que «la situation d’handicap est la seule minorité que n’importe qui peut rejoindre en un instant[2]»


Par Anne-Julie Dubois

Étudiante au B.A.A. en Gestion des organisations et destinations touristiques – UQÀM Diplômée A.E.C tourisme d'aventure - Cégep de la Gaspésie et des Îles



SOURCES

[1] Destination pour tous (2014). Mot de bienvenue

[2] Forrester, Bill. (2014) « Utilisation d'images inclusive pour profiter de l'expansion du marché du tourisme inclusif » Discours prononcé dans le cadre du sommet mondial Destination pour tous, Montréal, 21 octobre 2014, organisé par Kéroul.